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Wikipédia serait-il le nouveau sujet qui fâche ? Faudrait-il réactualiser à cette aune la caricature du début du siècle « ils en ont parlé » de Caran d’Ache, où l’on voit un déjeuner de famille se transformer en bataille rangée à cause de l’affaire Dreyfus ?
Depuis que Libération a consacré un article d’une page à l’enquête que nous (=5 étudiants de l’école de journalisme de Sciences Po) avons réalisé, nous sommes submergés de messages nous reprochant de vouloir détruire ce que les contributeurs de Wikipédia élaborent patiemment, et bénévolement. Ce n’est pas du tout notre propos. Comme la plupart des gens, nous sommes sensibles au caractère utopiste, au sens noble du terme, de Wikipédia, et aux avantages qu’offre l’encyclopédie collaborative : gratuité, adaptabilité à l’actualité, valorisation de connaissances de tout un chacun.
Néanmoins, le fait que les articles de Wikipédia soient extrêmement bien référencés sur Google incite les internautes non-avertis à considérer les contenus offerts comme parfaitement fiables. Et si le copier-coller des collégiens-lycéens-étudiants n’est bien sûr pas une nouveauté, il est plus facile de le pratiquer à partir d’une encyclopédie en ligne que de recopier un article de l’Universalis. D’où une nécessité de sensibiliser les enseignants à un usage critique de ces nouvelles sources.
Dire cela est sans doute synonyme d’enfoncer des portes ouvertes, comme on nous le reproche sur certains forums de Wikipédia. Mais tant que la majorité des utilisateurs de Wikipédia reste passive et ne corrige pas les erreurs qu’elle rencontre, la porte est-elle totalement enfoncée ? Par ailleurs, le vandalisme (et nous n’en avons testé la possibilité qu’à toute petite échelle) reste un mur auquel se heurte toute la bonne volonté du monde.