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Elle est tantôt brune, tantôt blonde, tantôt jeune, tantôt vieille.
La photographe tchèque Dita Pepe semble avoir réalisé à travers son art le rêve d’être polymorphe, de vivre toutes les vies humaines en une.
L’exposition « Autoportraits » qui se tient actuellement au centre culturel tchèque, à Paris, la présente sous une trentaine de facettes différentes. Dans chaque photo, elle prend place, malléable à l’envi, à côté de ses sujets, dont elle adopte les attitudes et les codes. Mère de famille, épouse, fille ou petit-fille, bohème, punk ou BCBG, elle brille toujours par sa crédibilité. Au fil des photos, on oublie presque qu’elle est la grande metteuse en scène, on se prend à chercher des ressemblances avec ses « enfants adoptifs ».
De cette galerie de portraits naît une interrogation : Suffit-il de troquer un vieux jogging pour un chapeau chic et une robe blanche pour passer du statut de marginale à celui de grande bourgeoise ? Pourquoi le costume joue-t-il un si grand rôle dans nos vie ?
Il n’y a pas que le costume dans ces photos. Dita Pepe partage aussi les attitude de ses sujets. Elle est raide devant l’objectif quand ils le sont, provocante ou à l’aise quand ils savent l’être. A travers ses photos, elle témoigne d’une grande capacité à l’empathie, à la compréhension de l’autre.
Elle offre aussi un tableau vibrant de cette République tchèque du début du XXIe siècle où cohabitent nouveaux riches et toujours pauvres, lolitas sur-maquillées et vieilles paysannes an fichu. Une approche non-exhaustive mais profondément humaniste.

Autoportraits, de Dita Pepe, jusqu’au 19 mai 2007 au centre culturel tchèque, 18 rue Bonaparte, Paris 6. Entrée libre, du mardi au vendredi de 13h à 18h et le samedi de14 à 19h.