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9 mai 2006 2 09 /05 /mai /2006 00:00

Comparution vendredi  5 et lundi 8 mai d'une délégation américaine devant le comité de l'ONU contre la torture   

  

         L’immersion prolongée de la tête d’un détenu dans l’eau relève-t-elle de la torture ? A Washington non, mais à Genève , si.

 

     Les Etats-Unis sont signataires de la Convention de l’ONU interdisant la torture, mais avec des restrictions. C’est en partie de cette définition restrictive qu’ils ont dû répondre devant le comité de l’ONU contre la torture.

 

       La confrontation a rapidement pris l’allure d’un dialogue de sourds. D’un côté, la délégation américaine, composée de responsables du Pentagone et du Département d’Etat, affirme qu’éradiquer la torture est « un impératif moral que [leur] nation a adopté depuis ses premiers jours ».

 

      De l’autre, les membres du comité reprochent aux Américains de ne pas appliquer l’interdiction de la torture aux contextes de conflit armés, comme la «guerre contre le terrorisme ». La délégation américaine a nié vendredi que des détenus soupçonnés de terrorisme soient transférés secrètement vers des pays pratiquant la torture, pour interrogatoires. Elle a également réfuté un rapport de l’ONU selon lequel les conditions générales de détention à Guantanamo équivalait à un traitement inhumain et dans certains cas à de la torture.

 

       John Bellinger, du Département d'Etat, a pourtant reconnu "quelques cas actuels d'abus dans le contexte du conflit armé contre Al-Qaïda", et ajouté que ces « incidents » n’étaient pas « systématiques » ! Pour le Pentagone, la majorité des 120 décès qui ont eu lieu dans les prisons afghanes et irakiennes est due à des causes naturelles ou des violences entre détenus.

       La Convention de l'ONU contre la torture oblige depuis 1987 les Etats signataires à présenter à intervalles réguliers au Comité de l'ONU un rapport sur les progrès et les difficultés enregistrés dans ce domaine. En l’occurrence plutôt des difficultés.

       Le comité rendra ses conclusions, non contraignantes, le 19 mai. elles sont attendues de pied ferme par des ONG comme Human Right Watch.

 

 

 

 

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Published by Béatrice Roman-Amat - dans articles d'actu
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