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27 avril 2006 4 27 /04 /avril /2006 00:00

       « Nous vivons une situation totalement inédite : depuis 2003, il y a eu autant de journalistes tués en Irak qu’en 20 ans de guerre du Vietnam ! », s’indigne Robert Ménard, président de Reporter sans Frontières.

       Depuis mars 2003, ce sont en effet 87 journalistes et collaborateurs des médias qui sont morts alors qu’ils couvraient le conflit en Irak et 37 qui ont été pris en otage. Une comptabilité macabre qui fait de plus ne plus hésiter les médias occidentaux à envoyer des journalistes en Irak. Selon Robert Ménard, il ne reste aujourd’hui qu’environ 50 journalistes occidentaux à Bagdad, « ce qui est très peu pour un conflit de cette importance géopolitique ». Ce sont par conséquent des irakiens qui servent de correspondants aux médias occidentaux et prennent tous les risques pour nous informer ; La majorité des journalistes tombés depuis 2003 était d’ailleurs de nationalité irakienne.

        Dans ces circonstances, un débat agite le monde des journalistes, celui sur le port d’armes par les professionnels de l’information, traditionnellement contraire à leur déontologie. Robert Ménard se déclare opposé à cette pratique mais reconnaît, un brin fataliste, qu’il y a quelques années à peine Reporter Sans Frontières était opposé à l’accompagnement des journalistes par des hommes armés, une pratique devenue incontournable depuis. 

      Michel Peyrard, reporter à Paris Match qui se rend tous les trois mois en Irak avec un photographe, est pour sa part toujours accompagné de cinq gardes du corps armés. « Les conditions de travail ne sont pas confortables mais il est possible de travailler, en prenant des précautions », souligne-t-il. Par sécurité, il change souvent d’hôtel, a toujours deux voitures à disposition et  ne fixe jamais ses rendez-vous très à l’avance. Il ne va jamais travailler dans certains quartiers de Bagdad, notamment, « celui où Florence [Aubenas] a été enlevée ». Son interprète irakien doit pour sa part faire en sorte de ne pas être identifié comme travaillant pour des étrangers.

       Pour les journalistes, la principale difficulté vient de la variété des groupes pouvant les mettre en danger. Ce sont aussi bien des  groupes rebelles sunnites, des milices plus ou moins affiliées au gouvernement ou…les militaires américains eux-mêmes. Le 8 avril 2003, un obus tiré par un char américain sur l’hôtel Palestine de Bagdad, où était logée une centaine de journalistes, avait tué trois journalistes et en avait blessé deux autres. Les responsables de ce tir ont été blanchis par le rapport d’enquête de l’armée américaine, à l’indignation des familles des victimes.

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Published by Béatrice Roman-Amat - dans articles d'actu
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