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16 mars 2006 4 16 /03 /mars /2006 00:00

Magritte est un autre 

 

           Colombes  « pétrifiées en feuilles », portes vues à travers des fenêtres, quilles, mers, pipes et pommes qui n’en sont pas, ciels moutonneux…vous croyez avoir tout vu de René Magritte ?  Pourtant, il y a de fortes chances que l’exposition qui se tient au musée Maillol (=à deux pas de Sciences Po, comme par hasard) vous fasse découvrir des aspects inconnus de l’œuvre de l’artiste belge souvent limitée à son image d’Epinal.

         Au delà du peintre surréaliste, l’exposition « Magritte, Tout en papier » révèle Magritte le dessinateur, Magritte le colleur, Magritte le coloriste, le publicitaire, le réalisateur d’affiches pour centrales ouvrières, l’écriveur de lettres (et griffonneur de dessins à l’encre sur les dites lettres, dessins qu’on retrouve ensuite sous forme de tableaux finis). Et surtout, Magritte l’artiste à l’imagination foisonnante, à l’univers onirique original, et à la prolixité toujours renouvelée. Cette prolixité, c’est notamment la peinture à la gouache, rapide d’exécution, qui la permet. Mais Magritte recourt également aux crayons de couleurs, pour tracer au lendemain de la seconde Guerre Mondiale des toiles hédonistes, vrais hymnes au soleil et aux couleurs, toiles vibrantes et parfois presque pointillistes, bien différentes de ses gouaches.

        En 1925-26, dans sa période « collage », la griffe Magritte était tout autre. Des morceaux de partitions découpées devenaient des arbres-quilles ou des rideaux de  théâtre dans ses compositions épurées. C’était l’époque des manifestes, de l’amitié avec Breton ou Eluard. Une époque retracée à l’aide des manuscrits « les mots et les images » où Magritte expose qu’ « un objet ne tient pas tellement à son nom qu’on ne puisse lui en substituer un autre », feuille flanquée du mot « canon » à l’appui.

        Au final, une exposition modeste, qui donne à voir les différentes périodes de Magritte sans se lancer dans des analyses savantes d’une évolution artistique avant tout portée par les propres rêves de l’artiste, une exposition dans laquelle on glisse comme dans  un songe toujours reconduit, un songe parfois à l’encre, parfois à la gouache, parfois collé, parfois juste ébauché, mais toujours rêvé avec la même foi artistique.

 

 

« Magritte tout en papier » au musée Maillol, 61 rue de Grenelle, jusqu’au 19 juin 2006. Tarif étudiant : 6 euros.

 

 

 

 

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Published by Béatrice Roman-Amat - dans culture
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