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23 janvier 2006 1 23 /01 /janvier /2006 00:00

L’évolution politique d’Ariel Sharon (papier radio)

 

 

        Métamorphose du faucon de Sabra et Chatila  en colombe ? Énième coup de poker d’une personnalité qui a toujours aimé ruer dans les brancards ? Evolution prévisible d’une carrière politique à rebondissements ?  L’interprétation du nouveau placement d’Ariel Sharon sur l’échiquier politique israélien est loin de faire l’unanimité.  A 77ans, il est plus que jamais un sujet de polémique.

       En 1948 déjà, le militaire Sharon se faisait remarquer par son indiscipline. Homme politique, il garde un goût prononcé pour les coups de tête et choix paradoxaux. Ainsi, après avoir été un des fondateurs du Likoud en 1973,  il  abandonne son poste de député pour devenir conseiller du travailliste Yitzak Rabbin. Aujourd’hui, il se lance dans ce parti centriste taillé à sa mesure comme dans une nouvelle bataille.

        Sharon centriste et artisan de paix ?  Difficile à avaler pour Alain Gresh, qui  écrivait en 2003 dans le Monde diplomatique que Sharon était une synthèse entre «  un chef néo-fasciste et un socialiste nationaliste ». Ministre des affaires étrangères puis  premier ministre, il  s’impose comme un défenseur musclé du « grand Israël ». Refus de négocier avec Yasser Arafat, répression très dure contre les activistes palestiniens, construction de la barrière de sécurité, il mène une politique qui satisfait la droite de la droite, celle qui rejette les accords d’Oslo.

 

     Pourtant, sa ligne politique s’infléchit à partir de 2001. Il reconnaît alors par réalisme que l’occupation des territoires palestiniens ne peut pas être éternelle. Pour Marc Hecker, de l’institut français des relations internationales, « Sharon a été élu sur un discours sécuritaire après le déclenchement de la 2e Intifada, mais  il développe aujourd’hui une rhétorique de paix. Il juge tout aussi irréaliste de vouloir conserver tous les territoires occupés que de vouloir tous les restituer». C’est en effet le pragmatisme qui a présidé au retrait unilatéral de la bande de Gaza, qui lui a valu l’hostilité massive du Likoud. Pragmatique encore, le fait de profiter de la mort de Yasser Arafat pour infléchir son attitude vis à vis de l’Autorité Palestinienne. Sharon profite également de la fenêtre d’opportunité offerte par la  réélection de George Bush, qui l’a toujours soutenu, même au temps  de la ligne dure.

      Aujourd’hui, après l’évacuation de Gaza,  55% des Israéliens affirment faire confiance à Sharon pour faire la paix en Israël. Un Sharon qui évoque maintenant explicitement la feuille de route et envisagerait même l’évacuation de colonies de Cisjordanie. Et un Sharon soutenu par son frère ennemi, le travailliste Shimon Pérès, qui semble voir dans ce parti centriste une dernière chance pour la paix. Reste à voir si ce mélange de real politic, d’opportunisme et d’idéalisme pacifiste portera ses fruits.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Béatrice Roman-Amat - dans articles d'actu
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