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19 avril 2007 4 19 /04 /avril /2007 10:35

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Les petites filles d’aujourd’hui rêvent-elles d’être prises en croupe sur un destrier blanc et emmenées par un prince charmant vers un château digne de Louis II de Bavière ? Non, elles rêvent d’être en haut de l’affiche, sous le feu des projecteurs.

C’est de cette idée qu’est parti Noureev pour transformer le conte de Perrault en un ballet qui mène le spectateur des traditionnels cheminée et balais de la souillon à l’univers d’Hollywood. Il peuple son ballet de vahinés ornées de colliers de fleurs, d’Indiens coiffés de plumes multicolores, d’un gigantesque King Kong et d’un producteur fumeur de cigares. Par la magie d’une rencontre avec ce producteur, la servante qui se rêvait Charlie Chaplin se transforme en éblouissante actrice vedette du bal du prince charmant.

En revisitant le mythe par cette adaptation de 1986, Noureev stimule l’imagination, mais il troque aussi la pureté du mythe originel contre un déploiement baroque de personnages parfois un peu criards.

La magie opère en revanche quand il transforme les douze coups de minuit en autant de robots aux gestes mécaniques et durs dont les gestes gracieux et ronds de Cendrillon ne parviennent pas à stopper la progression.  Ou quand défilent sur scène les quatre saisons vêtues de costumes aériens en une parade mi-défilé de mode Dior mi-sacre du printemps. Ou encore grâce au personnage de la marâtre, interprétée par un danseur homme, le grimaçant José Martinez.

Le deuxième acte entraîne aussi le spectateur autour du monde, d’un cabaret espagnol à une taverne russe en passant par un bouge chinois, où l’on oublie les entrechats et les jetés classiques pour se laisser aller à une langueur orientale ou à un style « bal folk » débridé. Le prince charmant semble hésiter entre quête de sa belle envolée d’un pays à l’autre et recherche de l’oubli dans les bras des femmes d’ailleurs.

La musique de Prokofiev se prête alors à cette tournée exotique avec une souplesse surprenante, révélant qu’une grande partition laisse la porte ouverte aux interprétations les plus variées.

                                  

Cendrillon de Prokofiev, ballet de Noureev, au Palais Garnier, du 10 avril au 11 mai 2007.

 

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Published by Béatrice Roman-Amat - dans culture
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